Le risk-manager doit être considéré un spécialiste du risque et pas un spécialiste de l'assurance, selon. Alain Lemaire.

La mondialisation des entreprises au-delà même de la construction de l'Europe nous plonge dans les transes d'une mutation sociale, économique et industrielle jamais vue depuis l'avènement de l'ère industrielle au siècle dernier, en dehors des cataclysmes dus aux deux guerres mondiales.

Par ailleurs, cette mondialisation entraîne une amplitude et une rapidité de l'information jamais connues. De même, elle accroît la concurrence; il n'y a plus de marchés protégés. Les entreprises ont donc à faire face à de nouveaux risques et c'est grâce à cela que le caractère indispensable du risk-management est devenu perceptible à tous. Le danger serait que tout un chacun veuille faire du risk-management. Ce ne serait peut-être pas une mauvaise chose en soi, mais à condition que les problèmes soient traités correctement.

Il reste au risk-manager à maîtriser la situation (je devrais dire ce nouveau risque), afin de ne pas se laisser déposséder d'une matière riche d'avenir. Pour cela, le risk-manager aura à apporter son expertise, c'est-à-dire sa méthode et son expérience. En plus, il faudra qu'elle soit reconnue. C'est pourquoi, avant toute expérience, la formation théorique est devenue indispensable et sera de plus en plus approfondie.

Il conviendra également que le risk-manager soit perçu dans l'entreprise comme un spécialiste du risque et non plus comme un spécialiste de l'assurance. Il devra savoir recueillir et gérer les informations, mettre au service de son métier toute sa force de persuasion et son talent de communicateur.

Pour ma part, je préconise le partage des compétences avec les responsables des secteurs dans lesquels les risques doivent être traités, par exemple:

* Avec le directeur juridique pour l'élaboration des contrats.

* Avec les responsables production, marketing, distribution et assurance qualité pour les produits.

* Avec le responsable marketing pour
les promotions

* Avec le responsable ressources humaines pour les accidents de travail, etc.

Je ne pense pas que ces charactéristiques se démarquent véritablement de celles existant dans les pays qui nous environnent.

Les associations professionnelles comme le RIMS aux Etats-Unis ou l'AIRMIC en Grande-Bretagne, ainsi que l'AMRAE, ont un rôle fondamental à jouer. Non seulement doivent-elles être des organisations représentatives pour la défense des intêréts des entreprises face aux marchés d'assurances et aux pouvoirs publics, mais elles doivent aussi apporter à leurs membres les moyens de se rencontrer. d'échanger des renseignements, de s'informer et de compléter une formation devenue, comme je l'ai déjà dit, fondamentale.

L'AMRAE

Les deux axes majeurs d'action de l'AMRAE sont en conséquence le lobbying et la formation. Si l'AMRAE n'a que cinq ans, elle est le résultat d'une fusion de deux associations similaires âgées à l'époque de 20 ans chacune. Elles y ont apporté le fruit de leur expérience respective.

Aujourd'hui notre association représente environ 300 membres rattachés à plus de 200 entreprises parmi lesquelles nous retrouvons les plus importants groupes français ou étrangers ayant des activités en France.

Ces deux axes ayant été réaffirmés, le développement de l'AMRAE doit consister à accueillir davantage d'entreprises et à se doter de moyens propres à renforcer les services rendus à ses membres, notamment en matière de formation. Pour cela, nous disposons d'une douzaine de commissions de travail orientées vers le risque, tel que: automobile, responsabilité civile, environnement, transport, construction, dommages, mais aussi sur les moyens et solutions tels que financements alternatifs des risques, organisation du risk-management, veille législative, etc.

L'AMRAE organise des manifestations tournées vers l'extérieur, c'est-à-dire les acteurs de l'assurance et l'administration. Ainsi, nous organisons régulièrement des petits-déjeuners de travail, des matinées débat, des clubs ainsi, bien entendu, que notre conférence annuelle qui se déroule traditionnellement au mois de janvier, dans une ville différente de province où nous accueillons environ 800 personnes.

Nous avons des contacts étroits avec un certain nombre d'établissements d'enseignement de la gestion des risques.

Pour organiser ces activités et en assurer la logistique nous disposons d'un bureau permanent composé de trois salariées à plein temps.

Enfin, un mot sur la durée du mandat présidentiel. Si nous l'avons réduit à un an, c'est pour permettre une meilleure rotation de nos membres à la tête de l'association, faire la place aux jeunes tout en assurant la pérennité de nos actions en s'appuyant sur un conseil restreint appelé le bureau et composé outre du président, de deux vice- présidents, d'un secrétaire général et d'un trésorier.

Les Rencontres

Notre prochaine conférence annuelle, Les Rencontres, se tiendra à Montpellier du 20 au 22 janvier 1999 sur le thème, Santé, enjeu majeur de demain. Aujourd'hui le risque de santé apparaît comme un phénomène sociétal et une constante préoccupation pour les entreprises. Aussi, comme par le passé, nous traîterons d'une manière aussi approfondie que possible les questions du moment dans tous les domaines de risques.

Alain Lemaire est président de l'AMRAE et risk-manager de Nestlé France. Tel 33 (0) 142 89 33 16. Fax: 33 (0) 142 89 33 14.